La Toile entre en guerre

Web 2.0 triste à adopterJe suis certaine que le manque de soleil, de vacances réussies et d’air chaud jouent un rôle majeur dans les tensions récurrentes du Web depuis ce début de mois d’Août agité. Pas un jour ne se passe sans son lot de batailles, de bruits d’armes et de portefeuilles, d’attaques de sites et de marchés ; l’hécatombe estivale aura-t-elle raison du Web 2.0 ?

Des morts à la pelle

Le succès de notre Internet communautaire et tendance actuel, ce sont les sites de partages de vidéo, les réseaux sociaux, les publicités et programmes de rémunération, ainsi que les plateformes de diffusion de contenus – tout cela relié à nos chers blogs, cela va de soi.

Or, c’est bien dans ces domaines privilégiés que le feu vient de prendre, dévorant le maquis Web 2.0 à une vitesse impressionnante. Le marais, asséché, souffre et les observateurs applaudissent à tout rompre le spectacle tant attendu. J’en suis, évidemment, aux premières loges avec un sourire en coin et un soupir de soulagement – Enfin ! Enfin la Toile va se débarrasser de certains de ces buissons encombrants.

Google vs MicrosoftLe feu a pris dans les rachats compulsifs de Google, qui en ingérant toutes les petites sociétés qui pourraient lui faire maîtriser la chaine Internet de A à Z, a mis le feu aux poudres. Pour preuve, le géant Microsoft a même vu sa cause défendue lorsque l’autre géant aux yeux ronds l’a attaqué pour avoir intégré son propre moteur de recherche dans Vista – Une première. Google inquiète les bloggueurs et les internautes, qui commencent à redouter son appétit vorace et ses ambitions de monopole.

Google n’est pas le seul acteur de ses tractations innombrables qui émaillent cette période estivale : de nombreux sites, comme les clones-concurrents de Digg, Pligg et Netscape (par AOL) se mettent eux-mêmes en vente ou ferment piteusement leurs portes. Aux enchères, généralement, histoire de ne pas perdre leurs nombreuses heures de travail (ou d’espionnage industriel). Le crime rapporte, eBay aussi. Des millions d’euros ont donc parcourus la Toile cet été, comme l’énorme somme déboursée par Discovery pour racheter TreeHugger, un… Blog.

Un feu nourri de billets

Ces histoires de gros sous montrent deux choses : à la fois une tendance à la concentration sur Internet de toutes ses start-up qui se copient les unes les autres (et là, j’applaudis), et à la fois (ou pour cause) l’étroitesse d’un marché qui semblait d’or et qui se révèle, pour toutes les petites sociétés qui ont voulu faire du business sur un effet de mode, être en plaqué toc.

Un fort mistral souffle donc, emportant avec lui toutes les structures légères qui n’ont pas d’autre intérêt que de surfer sur la vague – et là, la foule est en délire. Parce que, si certains challenger ont de l’humour, d’autres ne peuvent pas être à la hauteur de services qui ont déjà fait leurs preuves et qui disposent de vraies équipes qualifiées. Les internautes, d’ailleurs, plébiscitent largement leur popularité (ne parlons tout de même pas de Google, ce qui est une autre histoire), boudant les services tronqués et les grandes firmes qui se lancent sans atouts en ne comptant que sur leur nom.

DailyMotion vs Neuf TelecomMais la bataille n’est pas terminée, et le feuilleton de l’été se dope à nouveau avec le duel au sommet entre DailyMotion et Neuf Telecom. L’un restreint l’accès à ses abonnés au site de partage de vidéos particulièrement célèbre en France, et l’autre riposte en affichant à tous ses utilisateurs le pot-aux-roses qui ne sent pas très bon, mettant le FAI dans la panade côté popularité.

La révolte gronde aussi de façon largement plus audible chez les utilisateurs malheureux de Google video, service en bêta qui vient de fermer ses portes sans crier gare au nez de ces fidèles inscrits – sans remboursement aucun des vidéos achetées, louées, and co. Sale temps pour un géant, qui devrait faire attention à ses pieds – on sait comment finissent les colosses.

Bref, le Web se disloque, pleure sous les orages, brûle d’un feu d’enfer, et ravit tout ceux qui voyaient ce morcellement et cette surenchère envahir de façon inutile et improbable toutes les sphères Internet.

Daaaaaaaallas ! Ton univers impitoyaaaa-âbleuh.

Dallas JR

2 Réponses à “La Toile entre en guerre”

  1. Merci, Ô Lousia, pour ce tour d’horizon très instructif de la web-sphère.

  2. Un super billet !

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