Internet est-il le théâtre d’une nouvelle libération sexuelle ?

Enlever le hautEn ces temps troublés, quand nos sociétés occidentales soit-disant décomplexées jouent les prudes sur ses deux tabous préférés - le sexe et l’argent -, Internet affiche avec insolence ses sites pornographiques, ces chaines vidéos dédiées à ce domaine, ses boutiques et tests de sextoys, ses bloggeurs qui courent après la publicité… Alors, Internet, espace de réelle liberté, ou simple moyen d’être et de paraître sans choquer ses voisins ?

De tout, pour tous les goûts

ZivitySur la grand’ place du marché Web, on vend à la criée des invitations pour MyPornMotion ou pour Zivity, on déblatère sur les sites HotFlation ou les réseaux sociaux des ados court-vêtus, on ne se prononce pas trop sur le marché Meetic de peur d’être repéré comme ayant de l’expérience en ce domaine, et l’on hurle à plein poumons son message publicitaire pour un site de vente de vidéos porno.

Pour les adultes, cachottiers ou non, il existe des chaines accessibles plus ou moins gratuitement (si vous avez une carte bleue), des sites de rencontres coquines (qui n’a pas installé un logiciel bloquant les pop-up après avoir été spammé par AdultFriend - merci les collègues de bureau ?) ou plus classiques (où batifolent joyeusement une faune variée et flexible - sans jeu de mots aucun), et des tonnes de vidéos olé olé accessibles directement via le P2P ou les torrent… Sans oublier les blogs coquins, aussi, tiens.


Cartes bleues Mis à part les blogs, parent pauvre de tout site Web qui se respecte, c’est tout un modèle économique particulièrement lucratif qui gravite autour du marché du sexe. Chaque site, de rencontre ou de vidéos, demande à l’internaute en demande de dégainer, avant toute autre chose, sa carte bleue. Et au-delà de ces inscriptions et autres abonnements (on se souvient de l’entrée payante pour les hommes sur Meetic, jusqu’à environ 30€ par mois…), les revenus de la publicité ne sont évidemment pas à oublier. Exploiter la misère sexuelle et/ou affective des internautes, ça rapporte un joli pactole - de quoi payer les serveurs, et les servantes.

Nos soixante-huitards attardés confrontés à une nouvelle révolution, sans pavés mais avec claviers, ont donc tout sous la main pour piocher dans les fantasmes des autres. Mais, sans vouloir oublier quelques dérapages incontrôlés mais contrôlables (les réseaux de pédophilie restent nombreux), ces pratiques restent celle d’une population avertie, donc moins maléable sur ce plan que les jeunes, par exemple.

Quid des ados sur Internet ?

Loin de moi l’idée de rabâcher les dérives comportementales possibles à cause de l’exposition des jeunes à la pornographie plus ou moins violente sur le Net - les parents n’ont qu’à faire attention, entre autre.

Bruning ManCe qui est plus étonnant, c’est la multitude de sites permettant aux jeunes (ados ou adultes) de s’exposer presque sous toutes les coutures. Et leur succès. Mashable nous parlait hier soir de l’ouverture d’HotFlation, un réseau social permettant de voter pour ses membres (sans jeu de mot non plus) et de les déclarer beaux (ou “chauds”, en l’occurence)… La géolocalisation en prime. Utile pour programmer ses vacances d’été, sac à dos et prêts pour l’aventure, les parents agitant vaillamment leur mouchoir en demandant une dernière fois à leurs rejetons de leur envoyer des cartes postales des monuments historiques qu’ils visiteront. Burning Man, nous voila.

Mais sur des sites de rencontres plus classiques, comme des forums, des réseaux sociaux ou autres comme Hi5 et j’en passe, on trouve toujours de quoi se mettre sous la dent - ou plutôt de quoi se rincer l’oeil. Hormis les donzelles qui semblent avoir parfois, si l’on en croit leurs tenues, quelques problèmes avec le thermostat du radiateur de leur chambre, on PlayBoyUcroise désormais de jolis minots tout frais pondus qui, en examinant d’un peu plus prêt leur cou de travers et leurs contorsions étranges, se seraient peut-être coincés le dos dans leur salle de bain.

Vraie tendance de fond, ou simple effet de mode ? La multiplication des sites de ce genre, à vocation libertine comme PlayBoyU ou sagement hypocrites sur le sujet, laisse à penser qu’il existe de plus en plus d’adeptes à la bouche en cul de poule et aux photos de copines s’affichant bisexuelles.

L’avenir d’Internet passera-t-il par le sextoy ?

On peut évidemment penser que ces petits jeux entre ados, désireux de se rendre désirable à une époque de leur vie difficile (dixit les psychiatres à la mord-moi-l’noeud experts en ce domaine), ne correspond en fait qu’à une traduction de leur comportement social naturel, exacerbé par le côté voyeur et libertaire d’Internet. Une simple période à passer, donc.

Seulement, la plupart des sites affichent ouvertement ses photos (on trouve d’innombrables classements des photos les plus “hot” sur ce genre de portails) de façon à attirer davantage d’inscrits. Et rien ne protège les membres sur la confidentialité de certaines de leurs photos les plus personnelles. Quoi de plus facile alors que de récupérer certaines photos un peu olé olé ou juste ridicules, Dany - Hi5et de les conserver pour une petite vengeance entre amis ? Sans oublier qu’avec la multiplication des sites façon HotFlation, il est plus que facile de s’inscrire à plusieurs d’entre eux et d’oublier de supprimer quelques uns de ces comptes, une fois la crise de “moi je” terminée.

Or, un recruteur qui tape “Untelle Bidule” sur un moteur de recherche et qui tombe sur “HotSexyBibiche27903″, ça ne fait pas très sérieux.

Mais peut-être n’est-ce pas qu’une période. Notre société occidentale, engoncée dans ce paradoxe qu’est le trop plein de libertés assujetis à une pudibonderie à laquelle nos siècles précédents n’avait jamais été confrontés, n’est sûrement pas prête à lâcher son seul espace de liberté sexuelle. Nos jeunes ados posant dans leur salle de bain ne risquent pas d’être moins empêchés dans la vie réelle, seulement pourrront-ils exprimer leurs frustrations davantage sur Internet, et s’en libérer.

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Sil est bien un business dont personne ne parle pour appuyer sa thèse concernant la bonne santé des services et autres start-up Internet, c’est celui-là. Souvenez-vous en, Monsieur Lévy ! De là à dire que c’est une solution équilibrée pour la vie en société et une très bonne manière de multiplier les pages Web et la publicité sur celles-ci, donc d’alimenter la bulle économique et financière d’Internet, peut-être pas.

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5 Réponses à “Internet est-il le théâtre d’une nouvelle libération sexuelle ?”

  1. Je vois que tu n’as pas parlée de Flickr! Là tu accède à toutes sortes de photos du moment que tu cherche bien…Pingoo en fait bien la démonstration avec sa rubrique “pourquoi j’aime Flickr”.
    Sinon, pour moi, le marché du sexe sur internet n’est en pleine extention qu’à cause de la société actuelle où un sentiment de sécurité et de dépression permanante envahis les esprits. Blogger, chatter, s’exposer, laisser des commentaires, etc; c’est la même chose: un souhait de sortir de sa carapace, de montrer une facette (que l’on croit) de sa personnalité. Bon, ok, la pub, les médias et autres nous ont tous conditionnés avant, voilà. Vivre c’est jouer, et jouer c’est vivre, non?

  2. Le sexe ya que ça de bon ^^
    Notamment ce blog qui à fait la une sur blogasty :
    http://www.mon-blog-sexy.com/

  3. Mister Air, ne mélangeons pas tout quand même ^^

    Spawrider, argh, quel bon goût ! Par contre le blog en lui-même est bien construit, j’aime bien. Mais le contenu, bof :D

  4. Je te parle de ce blog car il à fait scandale au début sur Blogasty. Il y avait un dileme car le blog en lui-même n’avait pas un contenu approprié au Digg.
    Cela dit, apparement il ne géne plus les utilisateurs de blogasty et je vois même des billets en home page.
    La preuve que les gens au final aiment bien ce genre de site mais n’ose pas le dire^^
    Il faut de tout pour faire un monde…

  5. merci

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