Les cowboys du réel envahissent le Far-Web
Internet, formidable vecteur de communication et marché des plus juteux, attire à sa suite des centaines de corbeaux par l’odeur de l’argent alléchés. Dans un contexte où chacun prend autant de place qu’il le veut sur le Net et où l’internaute fait loi, la vague des chercheurs d’or aux doigts crochus entraine à son tour, dans son sillage, tous les garants de la loi possible et inimaginables. Et l’on sait l’image que peut avoir la cavalerie.
Télécharger gratuitement, cauchemar ou avenir ?
Sonnez trompettes, tonnez tambours : la voilà. Grands amateurs de coyotes et de hors-la-loi, la cavalerie a cette semaine lancé une offensive massive sur le peer-to-peer. En retard comme toujours sur tous les dossiers brûlants de l’Internet, n’ayant pas compris que dans ce monde-là, le temps file 3 fois plus vite qu’ailleurs, c’est avec constance et acharnement que la cavalerie gouvernementale, aidée avec bienveillance par des mercenaires-majors presque bénévoles, s’est attaqué au fort mutin du téléchargement illégal.
La méconnaissance du terrain est totale pour cette armée en goguette. Cela fait longtemps que les logiciels de peer-to-peer, attaqués de toute part, ont soit disparus, soit survécu avec de maigres moyens. Les pirates ont donc changé de mer pour aller pêcher ailleurs des richesses à la portée de tous. Avec comme île au trésor, le streaming, les fichiers hebergés sur des serveurs fantômes ou disséqués pour être remontés ailleurs, les dizaines de services d’hébergement pour particuliers…
Que différencie l’internaute qui télécharge un MP3 et son père qui se faisait prêter cassettes audio et vidéo ? Finalement, pas grand chose, à part la facilité qu’offre l’outil Internet en terme de choix. La cavalerie, n’étant pas de cet avis, coupe les vivres à des internautes qui, utilisant le P2P, ne sont pas les plus renseignés en terme de piratage, et qui accessoirement, ne cherchent peut-être qu’à retrouver un CD qu’ils avaient acheté et qui est aujourd’hui rayé, ou une cassette vidéo qu’ils préfèreraient visionner en qualité DVD, n’ayant plus de magnétoscope (de magnétoquoi ?).
Et s’attaquer aux plus faibles, c’est assez moche. Cela démontre surtout une grande bêtise : Lorsqu’on l’on ne connait pas un dossier, on a l’intelligence de se renseigner… Et de ne pas se fier aux rapports et avertissements d’une des parties engagées dans l’affaire. Sans oublier que, lorsqu’on a la prétention d’être le gouvernement d’un pays, on essaye de prendre un peu de hauteur sur le débat et d’imaginer, en priant Salomon, une solution alternative à tout ce qui se fait actuellement.
Imaginer habituer les internautes à payer aujourd’hui pour du téléchargement est relativement utopique : La plupart ont été élevés dans l’illusion libertaire totale du Web. Mais il convient de se poser, avant tout, une question : L’achat en ligne de musique ou de vidéos rapporte-t-il ?
Il suffit de se pencher sur le prix pour se convaincre que non. Le téléchargement légal propose des MP3 à des prix ridicules, et les vidéos ne sont qu’à peine plus côtées. Or, si c’est pour n’avoir aucune valeur ajoutée par rapport à ce que l’on peut trouver dans l’illégalité la plus totale, ça n’a aucun intérêt pour l’internaute. Aux majors de regarder un peu plus loin que leur ventre bedonnant et de troquer la fumée de leurs cigares contre celle de leurs neurones, pour imaginer des solutions attractives pour le consommateur.
Lorsqu’on connait le poid du marché de la publicité en ligne, on peut très bien imaginer que proposer de la musique gratuitement sur un site aux internautes, et rémunérer les auteurs grâce aux revenus publicitaires, soit une alternative possible - du moins, une alternative à étudier. Par exemple. Mais la Toile fourmille de cerveaux en ébullition qui ne demandent qu’à trouver des solutions, si du moins la cavalerie ne leur fonçait pas obstinément et aveuglement dessus en beuglant comme un sourd.
Et les services, dans tout ça ?
La plupart du temps, une société lançant un service payant sur Internet se voit attribuer, avec beaucoup d’optimisme, 6 mois de durée de vie sur le Web. Au mieux, elle végètera consciencieusement avec un marché de niche qu’elle n’arrivera pas à développer à d’autres secteurs - ou alors, non sans prendre de très gros risques pour l’ensemble de son activité.
De la même manière, un service jusque là gratuit devenant payant est un bel exemple de suicide virtuel. Tout simplement parce que le marché Internet regorge de services concurrents pour ou moins semblables qui prendont le relai. C’est donc un épineux problème que la rentabilité d’un service sur Internet.
Pourtant, développer des services, des applications ou des outils divers et variés sur Internet est un travail de plus en plus compliqué. Il ne s’agit plus de coder en tableau ou de barioler une page perso Voila, mais de créer des sites à la mode (actuellement Web 2.0, et qui demain sera autre chose), fonctionnant avec toute la technologie disponible à l’heure actuelle (Ajax, Flex, Flash, que sais-je encore) et étant de véritable leaders dans leur domaine. Inutile de suggérer avec toute la circonspection nécessaire que cela prend du temps, demande des serveurs souvent performants et donc, a fortiori, recquiert à boire - en liquide ou en chèque, comme vous voulez.
Puisque le don PayPal ne semble pas motiver les foules, nous en arrivons aujourd’hui à une problématique grandissante : Comment faire payer l’internaute sans que celui-ci s’en rende compte ?
Actuellement, le meilleur moyen semble encore et toujours être la publicité. Jusqu’à présent, peu de dérives ont été constatées, mais à terme on pourrait craindre que les annonceurs prennent le pas sur la vocations du service pour l’internaute. Ce qui engendrerait frustration et désaffection de l’utilisateur, qui irait voir ailleurs. Sans oublier que la pollution visuelle et/ou sonore existe déjà bel et bien sur beaucoup de sites, plus ou moins fréquentés. Et il ne faut pas sous-estimer la lassitude engendrée par le phénomène.
Mais demain ? La publicité ne peut pas à elle seule rendre Internet solvable. De plus, on ne peut pas imaginer donner trop de crédit à des entreprises dirigées par le marketing et qui ne pêchent pas généralement par excès d’intelligence. On ne peut non plus se baser sur leur connaissance ou leur intérêt pour Internet.
C’est donc à nous, utilsateurs plus ou moins actifs du Web, blogueurs ou non, acteurs majeurs ou mineurs, d’imaginer des solutions qui puissent faire vivre dans une harmonie relative les entreprises, les annonceurs et les internautes. Car à terme, il y aura plus de demandes pour de la publicité que d’offres venant de celle-ci, ce qui n’est pour l’instant pas le cas.
A moins évidemment, d’imaginer éduquer l’interrnaute et lui apprendre que tout n’est pas gratuit. Ce qui pourrait s’avérer aussi idéaliste que d’imaginer éduquer les entreprises.





Qui peut dire après cette lecture que LOUISA na pas de tallent. Bravo, car moi tous les jours je lis GDL avec plaisir et intérêt.
Oups excuse LOUSiA mon dois à ripé
Ah ben voilà un article plus engagé enfin !
Eh puis un conseil Lousia : N’écoute jamais le lecteur, ce n’est qu’un râleur sénile de première obsédé par ses distractions écrites quotidiennes…
Merci Octo
Mister Air, bof, pas tous, mais les premiers râleurs sont ceux qui commentent et se font entendre… Comme partout
Me sentirai-je concerné?? Peut-être bien… Mais on ne pourra jamais changer la nature du français qui est un éternel râleur! ip
[…] Entre les suppressions sans explications des blogs Free, les mises à l’amende des Canal Blogs reçevant trop de spam, les Blogspot qui déconnectent nos boites Gmail à chaque fois que l’on essaye de se logger…Que reste-il aux plateformes gratuites de blogs face aux domaines perso ? Le prix, oui, évidemment, mais considérer qu’Internet est un média totalement gratuit même pour un internaute, c’est une belle utopie. […]